Le plastique agricole, le déchet dont personne ne parle

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Chaque année en France, des dizaines de milliers de tonnes de plastique sont utilisées dans les champs. Bâches de paillage, films d’ensilage, gaines de goutte-à-goutte, filets de protection, godets de semis : l’agriculture moderne est grande consommatrice de matières plastiques. Et leur fin de vie reste, dans bien des cas, un problème non résolu.

Un volume colossal et peu visible

Le plastique agricole ne fait pas parler de lui. Il n’encombre pas les plages et n’alimente pas les campagnes de sensibilisation grand public. Pourtant, selon les données d’Adivalor, l’organisme chargé de la collecte et du recyclage des déchets agricoles en France, ce sont environ 80 000 tonnes de plastiques agricoles usagés qui sont gérées chaque année sur le territoire. Un chiffre qui ne reflète pas la totalité du gisement réel, une partie de ces déchets continuant d’être brûlés à l’air libre ou abandonnés sur les exploitations.

Ces pratiques sont pourtant interdites depuis plusieurs années. Le brûlage de déchets plastiques en plein air est illégal et génère des fumées contenant des composés toxiques qui contaminent les sols, l’air et les eaux de surface. L’abandon sur les parcelles, lui, conduit à une fragmentation progressive des plastiques en microparticules qui s’intègrent durablement aux sols agricoles.

Des filières de collecte qui existent mais restent méconnues

La bonne nouvelle est qu’une filière structurée existe. Adivalor organise des collectes périodiques dans les départements français, permettant aux agriculteurs de déposer leurs plastiques usagés dans des points de regroupement locaux. Les bâches d’ensilage, les ficelles, les filets, les films de paillage et de solarisation sont acceptés, à condition d’être propres, secs et triés par type.

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Ces collectes sont gratuites pour les agriculteurs dans de nombreux cas, ou soumises à une contribution modeste. Elles permettent ensuite un recyclage en granulés plastiques réutilisés dans d’autres industries. En 2023, le taux de collecte des plastiques agricoles en France atteignait environ 80 %, ce qui place le pays parmi les meilleurs élèves européens sur ce sujet. Mais 20 % de volumes non collectés, sur un gisement aussi important, représente encore des milliers de tonnes qui finissent mal.

Des alternatives émergent

Plusieurs innovations permettent aujourd’hui de réduire le recours aux plastiques conventionnels en agriculture. Les films de paillage biodégradables, fabriqués à partir d’amidon de maïs ou de pomme de terre, se dégradent naturellement en fin de saison sans nécessiter de collecte ni de recyclage. Leur coût, plus élevé, freine encore leur adoption, mais les prix baissent à mesure que les volumes de production augmentent.

Des programmes de recherche travaillent également sur des alternatives naturelles au plastique pour les gaines d’irrigation, les tuteurs et les emballages de semis. Certaines exploitations biologiques ont déjà abandonné les plastiques de paillage au profit du paillage végétal, avec des résultats encourageants sur la structure des sols et la rétention d’eau.

Ce que le consommateur peut faire

La pression de la demande joue un rôle. Privilégier les produits issus d’exploitations engagées dans une démarche de réduction des intrants plastiques, soutenir les initiatives locales de collecte et de recyclage, et tout simplement faire connaître cette problématique autour de soi contribue à faire monter le sujet dans les priorités politiques et économiques.

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Le plastique agricole est un angle mort du débat environnemental. Il est temps de l’en sortir.

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