Médicaments périmés ou non utilisés : où les jeter et ce qu’ils deviennent vraiment
Un tri de l’armoire à pharmacie fait souvent sortir une pile de boîtes entamées, de sirops ouverts depuis des mois et de comprimés périmés. La tentation est grande de tout jeter à la poubelle, voire de vider les flacons dans l’évier. Ce sont pourtant les deux pires options. Les médicaments non utilisés ont leur propre filière, gratuite et simple : la pharmacie. Voici comment trier correctement et ce que deviennent ces déchets.
Pourquoi ne pas les jeter à la poubelle ou dans l’évier
Les médicaments contiennent des molécules actives conçues pour agir à faible dose. Jetés dans l’évier ou les toilettes, ils rejoignent les eaux usées, et les stations d’épuration ne sont pas conçues pour éliminer toutes ces substances. Une partie finit dans les rivières, avec des effets possibles sur la faune aquatique.
Dans la poubelle ordinaire, ils peuvent être récupérés par des enfants ou des animaux, ou se retrouver en décharge. Malgré ces risques, selon des chiffres relayés en juin 2026 par la presse spécialisée, environ un Français sur dix jette encore ses médicaments avec les ordures ménagères.
La bonne filière : rapporter en pharmacie
En France, toutes les pharmacies sont tenues de reprendre gratuitement les médicaments non utilisés à usage humain apportés par les particuliers, périmés ou non. La collecte est organisée par l’éco-organisme Cyclamed, financé par les laboratoires pharmaceutiques.
Vous n’avez pas besoin d’être client de l’officine ni de présenter une ordonnance. Il suffit de déposer vos médicaments au comptoir, où le pharmacien les place dans un carton de collecte dédié.
Que faut-il rapporter, et que faut-il trier à part ?
Pour que la filière fonctionne bien, un petit tri à la maison est nécessaire.
À rapporter à la pharmacie :
- les comprimés, gélules et sachets, dans leur plaquette ;
- les sirops, gouttes et solutions buvables, dans leur flacon ;
- les pommades et crèmes, dans leur tube ;
- les sprays, inhalateurs et ampoules ;
- les suppositoires et ovules.
À mettre dans le bac de tri, selon les consignes de votre commune :
- les boîtes en carton vides ;
- les notices en papier.
Ces emballages sont recyclables et n’ont rien à faire dans le carton de la pharmacie, qui part à l’incinération.
À confier à d’autres filières :
- les aiguilles, seringues et stylos injecteurs utilisés en automédication : ce sont des déchets coupants à risque infectieux. Ils se déposent dans des boîtes jaunes spécifiques, distribuées gratuitement en pharmacie, puis rapportées dans un point de collecte de la filière dédiée (DASTRI) ;
- les thermomètres à mercure, à rapporter en déchetterie ;
- les médicaments vétérinaires, qui ne relèvent pas de la collecte Cyclamed : renseignez-vous auprès de votre vétérinaire ;
- les radiographies, qui suivent encore une autre filière, détaillée dans notre article comment et où recycler ses radiographies.
Ce que deviennent les médicaments collectés
Une fois en pharmacie, les cartons de collecte sont récupérés par les grossistes-répartiteurs lors de leurs tournées de livraison, puis stockés dans des conteneurs fermés. Ils sont ensuite incinérés dans des unités de valorisation énergétique : la chaleur produite sert à alimenter des réseaux de chauffage et à produire de l’électricité.
Selon les chiffres publiés en 2026, plus de 8 200 tonnes de médicaments non utilisés ont été collectées en France en 2025, un volume en hausse par rapport à l’année précédente. Les médicaments ne sont pas redistribués : depuis 2009, la loi interdit leur réutilisation humanitaire, pour des raisons de sécurité sanitaire.
Le meilleur déchet est celui qu’on ne produit pas
Une étude menée en 2025 par l’ANSM, l’Assurance maladie et Cyclamed sur des médicaments rapportés en pharmacie a montré qu’environ quatre boîtes sur dix n’étaient même pas périmées. Autrement dit, une part importante de ce qui est jeté n’a jamais servi.
Quelques réflexes limitent ce gaspillage :
- faire le tri de l’armoire à pharmacie une fois par an et noter ce qui est réellement utilisé ;
- ne pas demander systématiquement tous les médicaments d’une ordonnance si vous en avez déjà à la maison, en le signalant au pharmacien ;
- respecter les durées de conservation après ouverture, indiquées sur les notices des collyres, sirops ou crèmes ;
- ne jamais donner ses médicaments à un proche sans avis médical, même s’il présente les mêmes symptômes.
Un geste parmi d’autres
Rapporter ses médicaments à la pharmacie rejoint la longue liste des déchets qui ont leur filière dédiée, comme les piles et batteries usagées ou l’huile de friture. Un tri simple, à la portée de tous, qui protège à la fois l’eau, la faune et les plus jeunes de la maison.

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