DLC ou DDM : bien lire les dates sur les emballages pour arrêter de jeter des aliments encore bons

Date de durabilité minimale imprimée sur le rabat d'un emballage alimentaire Photo : Santeri Viinamäki / Wikimedia Commons (CC BY-SA 4.0)

Un yaourt jeté parce que sa date est passée d’un jour, un paquet de pâtes oublié qui part à la poubelle : une partie du gaspillage alimentaire domestique vient d’une simple confusion entre deux mentions. DLC ou DDM, la différence est pourtant nette, et la connaître est l’un des gestes anti-gaspi les plus simples à adopter.

Deux dates, deux logiques

La DLC : une limite sanitaire

La date limite de consommation se reconnaît à la formule « à consommer jusqu’au… ». Elle figure sur les produits frais très périssables, qui peuvent présenter un risque pour la santé une fois la date dépassée : viande et poisson frais, charcuterie à la coupe, plats préparés réfrigérés, certains produits laitiers frais.

Passé cette date, les produits ne peuvent plus être vendus, et il est recommandé de ne pas les consommer. Pour éviter de jeter, l’enjeu est donc d’anticiper : regarder les DLC en rangeant les courses, placer devant les produits qui expirent en premier, et congeler à temps ce qui peut l’être, avant la date.

La DDM : une question de qualité

La date de durabilité minimale s’écrit « à consommer de préférence avant… » (ou « avant fin… »). Elle concerne les produits secs, en conserve ou stables : pâtes, riz, farine, biscuits, café, thé, chocolat, conserves, condiments, jus en brique.

Après cette date, le produit peut perdre un peu de goût, d’arôme ou de croquant, mais il ne devient pas dangereux s’il a été stocké correctement et que l’emballage est intact. Un paquet de riz ou une boîte de conserve non bombée restent consommables bien après leur DDM.

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La nouvelle mention qui lève l’ambiguïté

Pour réduire le gaspillage, la loi anti-gaspillage pour une économie circulaire (loi AGEC du 10 février 2020) a prévu de compléter la DDM. Le décret n° 2022-1440 du 17 novembre 2022 autorise ainsi les fabricants à ajouter, à côté de la date :

  • « Pour une dégustation optimale » avant la DDM ;
  • et/ou « Ce produit peut être consommé après cette date », ou une formule équivalente.

Cette mention n’est pas obligatoire : c’est une possibilité laissée aux industriels pour les produits fabriqués et vendus en France (source : economie.gouv.fr). Vous la verrez donc sur certains emballages seulement. Quand elle est présente, elle rappelle simplement ce qui était déjà vrai : la DDM n’est pas une date de péremption.

Les bons réflexes avant de jeter

Pour un produit à DDM dépassée, faites confiance à vos sens :

  • regardez : couleur normale, pas de moisissure, pas de présence d’insectes dans les produits secs ;
  • sentez : pas d’odeur rance (huiles, fruits à coque, biscuits) ;
  • vérifiez l’emballage : une conserve bombée, rouillée ou qui fuit se jette, sans hésiter ;
  • goûtez une petite quantité : un café un peu éventé ou des céréales moins croustillantes restent consommables.

Pour un produit à DLC, en revanche, ne jouez pas avec la date, en particulier pour les personnes fragiles (femmes enceintes, jeunes enfants, personnes âgées ou immunodéprimées).

Ranger pour moins gaspiller

L’essentiel du gaspillage se joue dans le réfrigérateur et les placards. Quelques habitudes simples :

  1. Premier entré, premier sorti : rangez les achats récents derrière les plus anciens.
  2. Un coin « à manger vite » dans le réfrigérateur, bien visible.
  3. Des listes de courses faites après un coup d’œil aux placards, pour éviter les doublons.
  4. Congeler au bon moment : le pain, les restes de plats, les fruits trop mûrs pour une compote.
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Les légumes d’hiver qui s’accumulent au fond du bac peuvent aussi trouver une seconde vie : nous avions rassemblé des idées de cuisine anti-gaspi pour les légumes d’hiver. Et les épluchures finiront utilement au compost, même sans jardin, grâce aux solutions pour composter en appartement.

Un geste qui pèse

Le gaspillage alimentaire ne se limite pas à de l’argent perdu. Chaque aliment jeté représente de l’eau, des terres, de l’énergie et des transports mobilisés pour rien, puis des déchets à traiter. Apprendre à distinguer DLC et DDM, c’est réduire cet impact sans effort ni changement de régime. À l’approche des fêtes, où les placards se remplissent, c’est le bon moment pour faire l’inventaire, en lien avec nos conseils pour un Noël plus écologique.

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