Composter en appartement : lombricomposteur, bokashi ou composteur collectif, que choisir ?

Bac de lombricompostage garni de papier journal déchiré et de terreau, avec des vers Photo : Quadell / Wikimedia Commons (CC BY 3.0)

Les épluchures, le marc de café et les restes de légumes représentent une part importante des poubelles ménagères. Les mettre au compost, c’est réduire ses déchets, éviter qu’ils soient incinérés ou enfouis, et fabriquer un amendement utile. Même sans jardin, plusieurs solutions existent. Voici comment choisir.

Le contexte : le tri des biodéchets

En France, depuis le 1er janvier 2024, la collecte séparée ou la gestion à la source des biodéchets (déchets de cuisine et de jardin) s’impose à toutes les collectivités. Concrètement, chaque territoire doit proposer à ses habitants une solution : bac à biodéchets, composteurs partagés, points d’apport. Renseignez-vous auprès de votre mairie ou de votre intercommunalité pour connaître les dispositifs disponibles chez vous, parfois avec des composteurs mis à disposition gratuitement.

Option 1 : le composteur collectif ou de quartier

Souvent installé en pied d’immeuble, dans un jardin partagé ou sur un espace public, il est géré par des habitants ou par une association, avec le soutien de la collectivité.

Avantages : aucun matériel à acheter, aucune manipulation à la maison, une communauté qui vous guide.
Limites : il faut transporter ses déchets, respecter les consignes locales et parfois s’inscrire.

Option 2 : le lombricomposteur

C’est un bac dans lequel on élève des vers de compost (Eisenia fetida, différents des vers de terre ordinaires), qui digèrent les déchets de cuisine et produisent du terreau et un liquide utilisable dilué.

Comment ça marche : le bac contient des étages. On dépose les épluchures sur un lit de papier journal déchiré ou de carton, les vers les digèrent progressivement. On récupère le compost et le « thé de compost » en bas.

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Avantages : il convient bien aux petits espaces, il est discret quand il est bien tenu, il produit un excellent terreau pour les plantes d’intérieur et le balcon.
Limites : il demande de la régularité, une température modérée (autour de 15 à 25 °C) et des vers à acheter ou à se procurer.

Ce qu’on peut y mettre : épluchures de légumes et de fruits (en quantité modérée), marc de café et filtres, sachets de thé sans plastique, coquilles d’œuf broyées, papier journal, carton.
À éviter ou à limiter : viande, poisson, produits laitiers, plats cuisinés, agrumes et oignon en excès, ail, aliments très épicés ou salés.

Option 3 : le bokashi

Le bokashi vient du Japon. Il s’agit d’un seau hermétique dans lequel on dépose les déchets de cuisine, qu’on saupoudre d’un son inoculé de micro-organismes. Les déchets fermentent sans air, au lieu de se décomposer. Il se remplit en une à deux semaines, puis on laisse fermenter environ deux semaines de plus.

Avantages : il accepte presque tous les déchets de cuisine, y compris les restes cuits, la viande, le poisson et les produits laitiers en petite quantité. Il ne dégage pas d’odeur de pourriture, plutôt une odeur légèrement aigre.
Limites : le résultat de la fermentation n’est pas un compost mûr. Il faut l’enfouir en pleine terre ou l’ajouter à un composteur pour qu’il se transforme. Le liquide qui s’écoule du seau doit être dilué avant usage, ou jeté dans l’évier avec beaucoup d’eau.

Quelle solution pour quelle situation ?

  • Vous avez un composteur collectif à proximité : c’est le plus simple.
  • Vous voulez agir chez vous et avez un balcon ou une terrasse : le lombricomposteur.
  • Vous cuisinez beaucoup et voulez tout valoriser, y compris les restes cuits : le bokashi, associé à un lieu où enfouir le résultat.
  • Vous voulez simplement trier : les bacs à biodéchets de votre commune.
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Les erreurs à éviter

  1. Trop d’humidité : un lombricomposteur trop mouillé sent mauvais. Ajoutez du papier ou du carton.
  2. Trop de déchets d’un coup : les vers ont besoin de temps pour digérer. Commencez par de petites quantités.
  3. Mauvais emplacement : évitez le plein soleil, le froid intense et la chaleur excessive.
  4. Oublier de couvrir : une couche de papier ou de feuilles sur les épluchures limite les mouches.
  5. Mettre les mauvais déchets : viande ou produits laitiers dans un lombricomposteur provoquent des odeurs.

Que faire du compost obtenu ?

Utilisez-le comme terreau mélangé à la terre de vos plantes, pour des jardinières, au pied d’un arbre dans un parc si c’est autorisé, ou donnez-le à un voisin jardinier ou à un jardin partagé. Voyez aussi les feuilles mortes, une autre matière à valoriser à l’automne.

Pour aller plus loin

La réduction des déchets passe aussi par la cuisine anti-gaspi : lisez notre article sur les légumes d’hiver et la cuisine anti-gaspi et nos 7 actions concrètes pour réduire son empreinte carbone. Et pour les fêtes, retrouvez nos conseils pour un Noël plus écologique.

À retenir

Composter en appartement est possible : composteur de quartier si vous en avez un, lombricomposteur pour un balcon, bokashi pour les restes cuits. Choisissez la solution adaptée à votre espace et à votre rythme, et vos déchets de cuisine deviendront une ressource.

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