Toussaint : fleurir les tombes de façon plus écologique, sans plastique ni gaspillage

Sépulture ancienne gagnée par la mousse au cimetière du Père-Lachaise, à Paris Photo : Pierre-Yves Beaudouin / Wikimedia Commons (CC BY-SA 4.0)

Chaque année, autour du 1er novembre, des millions de familles se rendent au cimetière pour fleurir la tombe de leurs proches. Ce geste de mémoire a aussi un impact : pots en plastique, mousses florales, fleurs artificielles et emballages finissent souvent dans des bennes saturées. Rendre sa Toussaint plus écologique ne retire rien à l’hommage, il le prolonge.

Le cimetière, un lieu qui a changé

Les cimetières ont longtemps été désherbés à grand renfort de produits chimiques, pour garder des allées minérales parfaitement nettes. Depuis le 1er juillet 2022, en application d’un arrêté du 15 janvier 2021 qui élargit la loi Labbé, l’usage des produits phytosanitaires de synthèse y est interdit, comme dans la plupart des lieux fréquentés par le public.

Résultat : beaucoup de communes réinventent leurs cimetières, avec des allées enherbées, des massifs fleuris et parfois des espaces laissés plus sauvages. On y voit revenir des insectes, des oiseaux, des hérissons. Ce n’est pas un manque d’entretien, mais un changement de regard, dans l’esprit des réflexions que nous menions sur le jardin laissé en friche.

Choisir des fleurs qui durent et qui comptent

Le chrysanthème, oui, mais local

Le chrysanthème reste la fleur emblématique de la Toussaint en France. Pour limiter son empreinte :

  • privilégiez un producteur local ou un horticulteur de votre région, plutôt qu’une plante cultivée loin et transportée ;
  • cherchez les labels de production comme Plante Bleue ou les mentions de culture en France ;
  • choisissez un pot en terre cuite ou un pot biodégradable plutôt qu’en plastique, ou rapportez le pot plastique chez le fleuriste s’il le reprend ;
  • n’achetez pas de plantes emballées sous cellophane si vous pouvez l’éviter.
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Les plantes vivaces et les bulbes

Une alternative durable consiste à planter directement dans la jardinière de la tombe, quand le règlement du cimetière le permet : bruyères, heuchères, sédums, petits cyclamens rustiques, lierre, thym ou bulbes de printemps (crocus, muscaris, narcisses). Plantés à l’automne, ils fleurissent plusieurs années de suite et nourrissent les pollinisateurs dès les premiers beaux jours.

Éviter les fleurs artificielles

Les fleurs en tissu ou en plastique semblent pratiques parce qu’elles « tiennent ». Mais elles se décolorent au soleil, se fragmentent avec le gel et la pluie, et finissent en microplastiques dans le sol et en déchets non recyclables. Si vous tenez à un ornement durable, une plaque, une pierre gravée ou une petite sculpture en matériau naturel vieilliront bien mieux.

Bien trier ses déchets au cimetière

De plus en plus de cimetières proposent des bacs séparés : un pour les déchets verts (fleurs fanées, terre, feuillage), un pour les autres déchets (pots plastique, rubans, mousses florales, papier d’emballage). Prenez le temps de séparer les éléments :

  • les fleurs et la terre vont dans les déchets verts, qui seront compostés ;
  • les pots en plastique, les rubans et la mousse florale vont dans les ordures ménagères, sauf consigne locale différente ;
  • les pots en terre cuite en bon état peuvent être récupérés et réutilisés.

Les déchets verts du cimetière, une fois compostés, retournent souvent aux espaces verts de la commune. Un principe proche de ce que nous recommandions pour les feuilles mortes : un déchet bien trié devient une ressource. Et si vous ramenez des fleurs fanées chez vous, elles ont leur place dans le composteur, y compris en compostage en appartement pour les petites quantités.

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Entretenir la tombe sans produits chimiques

Pour nettoyer une pierre tombale, l’eau chaude, une brosse souple et un peu de savon noir suffisent dans la plupart des cas. Les mousses et lichens qui colonisent la pierre ne l’abîment généralement pas et se retirent à la brosse sèche. Évitez l’eau de Javel, les désherbants et les nettoyants agressifs, qui ruissellent dans le sol et dans les nappes.

Quelques gestes complètent l’ensemble :

  • venir à pied, à vélo ou en covoiturage familial quand c’est possible ;
  • arroser avec modération, en utilisant l’eau des points d’eau du cimetière sans la laisser couler ;
  • éviter les bougies en plastique et préférer les lumignons rechargeables ou en verre ;
  • laisser un peu de place aux plantes spontanées dans les espaces communs.

Un hommage qui s’inscrit dans le temps

Fleurir une tombe, c’est dire que l’on se souvient. Choisir des plantes vivantes, locales, qui reviennent chaque printemps, c’est aussi une manière de faire durer ce lien. Et de transformer peu à peu nos cimetières en lieux de mémoire, mais aussi de vie.

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