Planter une haie champêtre cet automne : essences locales, règles de distance et gestes pour la biodiversité

Jeune haie fraîchement plantée le long d'un chemin herbeux entre deux champs Photo : Philip Jeffrey / Wikimedia Commons (CC BY-SA 2.0)

Remplacer une clôture ou une haie de thuyas par une haie champêtre, c’est l’un des gestes les plus efficaces pour accueillir la biodiversité chez soi. Oiseaux, hérissons, pollinisateurs et auxiliaires y trouvent le gîte et le couvert toute l’année. Et l’automne est justement la meilleure saison pour planter : « à la Sainte-Catherine, tout bois prend racine », dit le dicton du 25 novembre.

Pourquoi la haie est si précieuse

Pendant des décennies, les haies ont été arrachées en masse lors des remembrements agricoles. Leur rôle est aujourd’hui largement reconnu, au point que l’État a lancé en 2023 un « Pacte en faveur de la haie », avec l’objectif d’un gain net de 50 000 km de haies d’ici 2030.

Une haie diversifiée rend de nombreux services :

  • refuge et nourriture pour les oiseaux, les petits mammifères et une multitude d’insectes ;
  • corridor écologique, qui permet à la faune de circuler entre les espaces naturels ;
  • brise-vent, qui protège le jardin et le potager ;
  • lutte contre le ruissellement et l’érosion des sols ;
  • stockage de carbone dans le bois et les racines.

Une haie de thuyas ou de lauriers-palmes, au contraire, offre peu de ressources : pas de fleurs utiles, pas de baies consommables par la faune locale, et un sol appauvri à son pied.

Pourquoi planter à l’automne

Planter entre la fin octobre et la fin mars, hors périodes de gel, laisse le temps aux racines de s’installer pendant la saison humide. Au printemps, l’arbuste est prêt à pousser et résiste mieux à la sécheresse de l’été suivant. Les arrosages sont aussi beaucoup moins nécessaires qu’avec une plantation de printemps.

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Les arbustes vendus « en racines nues », moins chers et souvent plus vigoureux, ne sont d’ailleurs disponibles qu’à cette saison.

Quelles essences choisir

Le principe d’or : varier et privilégier les espèces locales, adaptées au climat et au sol de votre région, et que la faune connaît. La marque collective « Végétal local » permet d’identifier des plants issus de graines récoltées dans la nature de votre région.

Quelques essences champêtres très répandues en France :

  • noisetier, pour ses noisettes et ses chatons précoces, précieux pour les pollinisateurs ;
  • aubépine, mellifère au printemps, couverte de baies rouges en automne ;
  • prunellier, épineux et très protecteur pour les nids ;
  • cornouiller sanguin, aux rameaux rouges en hiver ;
  • sureau noir, dont les baies régalent les oiseaux ;
  • viorne obier ou viorne lantane, selon votre sol ;
  • charme ou érable champêtre, qui gardent un feuillage sec ou dense une bonne partie de l’année ;
  • églantier, pour ses fleurs et ses cynorhodons.

Mélangez des espèces à floraisons et fructifications étalées, et intégrez quelques persistants locaux, comme le houx, si vous souhaitez garder un écran l’hiver.

Les distances à respecter avec le voisin

Le Code civil (article 671) fixe des règles de distance par rapport à la limite de propriété, à défaut de règlement local ou d’usage contraire :

  • au moins 2 mètres pour les plantations destinées à dépasser 2 mètres de haut ;
  • au moins 50 centimètres pour celles qui restent sous 2 mètres.

Vérifiez aussi le plan local d’urbanisme et un éventuel règlement de lotissement, qui peuvent imposer d’autres règles ou une liste d’essences.

Planter pas à pas

  1. Préparez le sol sur une bande d’environ un mètre de large, en décompactant sans retourner la terre.
  2. Plantez en quinconce, sur deux rangs, avec un arbuste tous les 80 cm à 1 m environ, pour une haie dense.
  3. Alternez les espèces de façon irrégulière, pour un aspect naturel.
  4. Pralinez les racines nues dans un mélange de terre et d’eau avant de les mettre en terre.
  5. Arrosez à la plantation, même par temps humide, pour bien plaquer la terre contre les racines.
  6. Paillez généreusement au pied, avec des feuilles mortes, du broyat ou de la paille. Les feuilles mortes du jardin sont parfaites pour cela.
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Entretenir sans abîmer

La première année, surveillez l’arrosage en cas de sécheresse et désherbez au besoin. Ensuite, une haie champêtre demande peu de soins. Taillez de préférence en fin d’hiver, avant la nidification. Les associations de protection de la nature conseillent d’ailleurs d’éviter toute taille du printemps à la fin de l’été, pendant la période de reproduction des oiseaux, pour ne pas détruire les nichées.

Laissez une bande d’herbes hautes au pied de la haie, quelques branches mortes et un tas de feuilles : ces zones moins entretenues sont celles qui accueillent le plus de vie. C’est l’idée défendue dans notre article sur le jardin laissé en friche. Évitez enfin d’éclairer la haie la nuit : la pollution lumineuse perturbe les espèces nocturnes qui s’y abritent.

Des aides possibles

Les aides publiques du Pacte en faveur de la haie visent surtout les exploitants agricoles et les collectivités. Pour un particulier, renseignez-vous auprès de votre commune, de votre département, d’un parc naturel régional ou d’associations locales : certaines organisent chaque automne des distributions de plants gratuits ou à prix réduit.

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